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Rapport entre un symbole
et un symptôme1)Par Sig. FREUD
Trad. par Paul JURYQue le chapeau soit un symbole sexuel, et spécialement un sym-
bole du membre viril, c’est un fait établi par la pratique de l’ana-
lyse des rêves2). Mais on ne saurait prétendre que ce soit là un
symbole qui va de soi. Dans les fantasmes, comme dans la multi-
tude des symptômes, la tête apparaît aussi comme un symbole du
membre viril ou, si l’on veut, son substitut. Plus d’un analyste a
dû observer que ses obsédés manifestent à l’égard de la décapita-
tion un dégoût et une opposition particulière plus grande que pour
tout autre genre de mort. Et ces analystes auront eu l’occasion
d’expliquer à ces patients qu’ils traitent la décapitation comme un
substitut de la castration. Parmi les analyses de rêves de per-
sonnes jeunes ou d’adultes dans leur jeunesse, combien en a-t-on
rapportées qui concernaient le thème de la castration, et où il était
question d’une boule qu’il fallait interpréter comme la tête du père.
J’ai brièvement expliqué un cérémonial du coucher, dans lequel il
fallait que le petit oreiller de tête fût placé en losange sur l’autre
oreiller, et que la tête de la dormeuse reposât exactement dans le
plus long diamètre du losange. Le losange avait la signification
bien connue qu’on lui donne couramment dans les graffiti qu’on
voit sur les murs. La tête représentait le membre viril3).
Il se pourrait que l’importance symbolique du chapeau dérivât
de celle de la tête, pour autant que l’on considère le chapeau comme
un prolongement de la tête, mais susceptible d’être enlevé. De ce
point de vue, je me souviens d’un symptôme, chez des névrosés1)Cf. Neurosenlehre (1913–1924), p. 21–23.
2)Cf. FREUD : Science des Rêves, ch. VI, 95 (p. 322 de la trad. fr.). Voir les
références qui y sont données (N. du T.).3)Cf. FREUD : Introduction à la psychanalyse, ch. XVII, p. 286 et ss. Payot,
Paris (N. du T.).S.
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obsessionnels, qui leur causait des tourments continuels. Ils sont
tout le temps à guetter dans la rue si une personne de leur connais-
sance leur tire, la première, son chapeau, ou si, au contraire, elle
paraît attendre leur salut. Ils rompent ainsi avec bien des relations,
dès qu’ils découvrent que ces passants ne les saluent plus ou n’ont
pas répondu avec une suffisante politesse à leur salut. Ils ne mettent
pas de fin à ces contestations sur le salut, qu’ils conçoivent d’ail-
leurs à leur façon et à leur fantaisie. Or, on ne change rien à leur
manière de faire en leur démontrant, ce qu’ils savent parfaitement
sans cela, qu’enlever son chapeau pour saluer est une façon de
s’abaisser devant ceux qu’on salue, que, par exemple, un grand
d’Espagne jouissait du privilège de rester la tête couverte en pré-
sence du roi, et que leur susceptibilité en matière de salut n’a, dès
lors, d’autre sens que de ne pas vouloir se mettre au-dessous de ce
que l’autre pense être. La résistance de leur sensibilité à l’égard
d’une pareille explication permet de présumer qu’agit ici un motif
qui n’est pas parvenu à la conscience, et que la raison de ce renfor-
cement pourrait facilement se trouver en rapport avec le complexe
de castration.
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Rapport entre un symbole et un symptôme
1916-003/1935.fr
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