• S.

    166

    Car, outre qu’il existe des symboles
    individuels et, dans l’emploi des sym-
    boles généraux, des fluctuations sans
    nombre, il est impossible de savoir
    a priori si le contenu manifeste du
    rêve doit être pris au sens symbolique
    ou au sens propre. Ce que l’on sait
    avec certitude, c’est que les matériaux
    ne sont pas tous des symboles. La
    connaissance des symboles peut nous
    aider, dans une large mesure, à tra-
    duire ce qui reste obscur dans le
    contenu manifeste du rêve, mais elle
    ne rend pas inutile l’emploi du pro-
    cédé énoncé plus haut ; tout au plus
    nous servira-t-elle de moyen d’in-
    vestigation dans le cas où les idées de
    rêve seraient nulles ou insuffisantes.

    La symbolique du rêve nous paraît
    également indispensable à l’analyse
    des rêves dits « typiques », communs

  • S.

    167

    à tous les hommes, et des rêves indi-
    viduels dits « périodiques ». Si nous
    n’avons fait qu’effleurer ici cette inté-
    ressante question de l’expression sym-
    bolique du rêve, c’est que précisé-
    ment, par son importance, cette ques-
    tion dépasse le cadre de notre travail ;
    elle nous conduit bien au-delà du
    domaine du rêve dans celui de l’ima-
    gination populaire ; nous y verrons le
    symbole à l’origine des contes, des
    mythes et des légendes, dans l’esprit
    comique et dans le folklore ; c’est
    par lui que nous découvrirons des
    rapports intimes entre le rêve et ces
    diverses productions ; mais nous
    savons qu’il n’est pas créé par le
    travail du rêve, qu’il n’est autre chose
    que la forme d’expression de notre
    pensée inconsciente et que c’est lui
    qui fournit à ce travail les matériaux

  • S.

    168

    à condenser, à déplacer et à drama-
    tiser 1.

    I. En ce qui concerne la symbolique du rêve, on
    pourra consulter, outre les anciens travaux sur l’in-
    terprétation des songes (Artemidore de Daldis, Scher-
    ner, la Vie du rêve, 1861), l’ouvrage de l’auteur :
    L’Interprétation du rêve, ainsi que les travaux mytho-
    logiques de l’école psycho-analytique et les travaux de
    W. Stechel (La langue du Rêve, 1911).